Randonner à pied dans les ocres 2018-04-10T17:53:02+00:00

Mettez du pigment dans

 vos randonnées

Apres avoir visité le petit village sympathique de RUSTREL et éventuellement son musée des moulins à huile très intéressant, direction le parking des mille couleurs sur la D22 au lieu-dit « les Cornets ». Aprés avoir réglé votre droit de garage (ce site est entièrement privé et le droit de garage sert en partie a entretenir le site), habillez-vous de vêtements très clairs car à votre retour ils seront multicolores, munissez-vous de petits récipients pour prélever des échantillons, n’oubliez pas la boisson, le chapeau ni les lunettes de soleil, et en route vers l’aventure.
Les propriétaires ont balisé différents parcours; petite balade, grande balade, à vous de choisir le temps que vous désirez passer dans les lieux. Je vous suggère 2 à 3h, dénivelé environs 100m, pas de difficultés.

Nous commencerons par le cirque de Barries empruntons le GR6 (barres rouges et blanches) puis le sentier balisé en vert sur la droite par un splendide chemin dans les bois, nous empruntons ensuite le sentier balisé en blanc qui suit la rivière de sable, nous accédons au cirque de Barries.
Nous entrons dans un vaste site de carrières abandonnées où on extrayait l’ocre, l’ érosion a sculpté une succession de pics abrupts, de cheminées de fées, de falaises et de couloirs dont la palette de couleurs s’échelonne du blanc pur jusqu’au rouge vif en passant par toute la gamme des jaune, orange et vert.
Site exceptionnel ou tout n’est que couleurs et senteurs, le bleu du ciel s’oppose à l’ocre et à la verdure avoisinante tandis que le thym et le romarin parfument notre randonnée.
Puis nous partons à la recherche de la cascade, nous passons devant quelques sculptures naturelles surprenantes, puis un sous bois et une petite rivière qui mène à la petite cascade rafraîchissante au bord de laquelle nous faisons une pause.  

Puis nous revenons sur nos pas pour nous rendre au désert blanc, nous croisons une petite cheminée de fée et plus loin, une ancienne galerie d’exploitation? sans issue mais qui vaut le détour, des veines d’ocre de différentes couleurs sont bien visibles sur la voûte.

Arrivés au désert blanc appelé aussi Sahara, nous foulons à nouveau ce sable fin si particulier qu’il reste élastique sous nos pas. Au milieu d’un vaste cirque, nous découvrons ébahis un décor digne des plus belles images de western, nous sommes entourés de falaises multicolores ornées de cheminées de fée, de ravins et de colonnes, l’imagination de dame nature a été plus que débordante pour nous sculpter un paysage d’une telle beauté.

Nous reprenons le sentier balisé en vert pour nous rendre au cirque de Bouvène, c’est là que nous entrons dans la partie la plus impressionnante de notre circuit, un sentier est aménagé pour nous faire cheminer à flanc de falaises au cœur  même du dédale de cheminées de fée, des escaliers et des balustrades en rondins permettent de protéger les lieux, mais aussi de choyer les touristes.

Après cette débauche de couleurs, nous descendons vers le lit de la Doa et suivons un instant les restes d’un aqueduc qui nous rappelle que l’eau était indispensable à l’exploitation de l’ocre, nous essayons de comprendre le fonctionnement de vieilles machines rouillées abandonnées sur les lieux depuis fort longtemps, puis traversons d’anciens bassins de décantation de l’ocre, enfin retour à la voiture ou quelques instants de repos nous aideront à digérer cette débauche de couleurs et de paysages.

Techniques (Wikipedia)

La non-toxicité des ocres permet toutes sortes de techniques, de plus elles sont compatibles avec tous les liants (graisses animales, huiles végétales, eau, fluides corporels…) et les autres pigments. Les qualités les plus claires sont aussi les plus transparentes. Les ocres jaunes après calcination à 400°C se transforment en ocres rouges. Les Hommes préhistoriques disposaient de nombreux pigments d’origine métallique : hématite (oxyde de fer, rouge), dioxyde de manganèse (brun), limonite (oxyde de fer, jaune à brun)… ainsi que des charbons de bois ou d’os et de l’argile. Tous ces pigments peuvent se mélanger. Le chauffage des pigments permet également d’obtenir une grande variété de nuances. Ils pouvaient utiliser comme outils, leurs doigts et leurs mains, soit en étalant soit comme pochoir en pulvérisant avec la bouche directement ou à l’aide d’un tube d’os ou de végétal, des tampons de feuilles ou de mouches, des crayons de matière colorante, des bâtonnets ou des pinceaux (bambou écrasé, plumes ou crin). De nombreux sites, comme celui du Mas d’Azil (magdalénien) ont également livré un outillage pouvant servir aux peintures corporelles (et scarifications) : morceaux d’ocres plus ou moins façonnés, aiguilles effilées ou spatulées, pointes effilées, galettes perforées de pigment…

plan de Rustrel

 L’ocre, est une roche ferrique utilisée depuis les temps préhistoriques comme pigment colorant, du jaune au brun en passant par le rouge.
C’est une argile pure (kaolinite) colorée par un pigment d’origine minérale (un hydroxyde de fer : l’hématite pour l’ocre rouge, la limonite pour la brune et goethite pour la jaune). Cette argile colorée est amalgamée aux grains de sable (quartz) qui composent la masse rocheuse à plus de 80 %.
On en trouve en France dans les Monts de Vaucluse [Colorado provençal, Roussillon, la dernière carrière encore en activité étant située à Gargas (Vaucluse)]. L’ocre naturelle est utilisée comme pigment depuis la préhistoire, comme à Lascaux. Elle est toujours appréciée pour sa non-toxicité et sa grande longévité en décoration, beaux-arts et maçonnerie.

Au Crétacé, des débris organiques (coquilles de lamellibranches, d’oursins et de foraminifères, ainsi que des grains de quartz et des paillettes de micas) s’accumulent au-fond d’une mer épi-continentale (peu profonde). Un minéral très particulier, caractéristique du milieu marin, se forme sur le fond de la mer : la glauconie, variété d’argile verte qui contient dans son réseau cristallin des atomes de fer. Depuis les travaux du géologue Jean-Marie TRIAT (Thèse de Doctorat 1979) on sait qu’à la faveur de mouvements tectoniques (Tectonique des plaques) ces dépôts sédimentaires marins ont été émergés. Sur le nouveau continent régnait, au Crétacé, un climat tropical, qui a provoqué d’intenses altérations latéritiques, dissolvant entre autres la glauconie et libérant les atomes de fer. Les ocres sont alors apparues grâce à la cristallisation d’un hydroxyde de fer : la goethite. L’altération a en même temps donné naissance à un silicate d’alumine : une nouvelle argile : la kaolinite. C’est ainsi que sont nées les ocres de Vaucluse et de Bourgogne, formations sableuses (grains de quartz) cimentées par une argile constituée de cristallites dont la taille est de l’ordre du micromètre : la kaolinite, support argileux essentiel et la goethite (pigment coloré). D’un point de vue chimique l’ocre est donc un silicate d’alumine ferrugineux et siliceux.

 

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